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Champion de juillet

Morgan Jacquemin

Morgan Jacquemin, simplicité et efficacité

Le 27 avril 2008, à 20 ans à peine (il les aura en septembre), Morgan est devenu vice-champion du Monde de Gymnastique Aérobic en solo. Nous avons récemment rencontré ce jeune talent qui garde la tête sur les épaules et analyse son sport avec une lucidité remarquable.


Comment as-tu commencé la Gym Aéro ?

J’ai d’abord commencé en Gymnastique Artistique Masculine et j’ai pensé que j’en avais fait le tour. A l’Union Gymnique Aix-les-Bains, il y avait de l’Aéro qui s’était créée et je fus attiré. C’était en 1999 et j’ai commencé en 2001. J’ai ensuite fait les deux parallèlement jusqu’en 2006. Quand je suis passé en Senior, j’ai arrêté les compétitions mais j’ai continué à côté. Je touche encore un peu les agrès pour le plaisir. Plus ou moins, suivant la période. Toucher les arçons et les parallèles, c’est hyper-important pour les appuis. On perd vite, on ne s’en rend pas compte.

Tu as quitté ta famille assez jeune ?

Oui, à 10 ans, en 6ème, pour aller à Aix. Je viens de Chambéry, ce n’est pas loin. Mes parents vivent à St Alban-Leysse. Les deux premières années, c’était un peu dur. Ma mère venait me chercher le mardi soir, pour faire une coupure et me ramenait le mercredi pour l’entraînement. Maintenant, cela va mieux, je suis installé avec mon amie depuis septembre. Et puis j’ai mes amis. Gaylord (Oubrier) m’a beaucoup soutenu en Solo l’an dernier quand il était encore à Aix. Il m’a facilité le passage de Junior à Senior, je lui dois beaucoup.

Comment tes parents voient-ils ton investissement dans le sport de haut niveau ?

Au début, ma mère m’a poussé à aller m’entraîner à Aix. J’avais peur de partir. Mon père était contre, pour lui, c’était « les études avant le sport ». Depuis, j’ai grandi et cela a été puisqu’il a vu que mon niveau scolaire suivait. Maintenant, il est très fier.

Quelle a été leur réaction après ton titre de vice-champion du Monde en Solo ?

Ils étaient contents. Mais comme ils ne sont pas dedans, ils ne se rendent pas vraiment compte, contrairement à nous qui y sommes 24h/24.

Et toi, quelle a été ta réaction ?

Les photos montrent comment c’était ! Très grand! Je voulais absolument faire une performance énorme. La place, je ne savais pas. Mon objectif était d’être dans les 5 meilleurs dans toutes les catégories (Solo, Trio et Groupe). Pour le Solo, j’ai fait un programme de difficultés à fond, l'un des meilleurs du Monde. Aux championnats d’Europe, j’avais deux difficultés qui n’avaient pas compté. J’ai enlevé ma combinaison ½ ciseau ½ enchaînée avec deux tours pompes car trop risquée pour ce qu’elle rapportait. J’ai beaucoup travaillé sur ce programme. Je devais enlever une réception pompe pour partir sur une note plus haute. Christophe m’a fait ma chorégraphie et m’a suivi quotidiennement pour me préparer.

Que s’est-il passé dans ta tête après la qualif où tu passes en finale?

J’ai plus stressé pour la qualif. En finale, j’étais libéré. J’ai fait l'un des meilleurs échauffements que je n’avais jamais fait. J’étais avec Ao Jinping (CHN, champion du Monde en titre), qui passait juste avant moi. L’attente entre la fin de l’échauffement et le passage en compétition était en plus très long, mais j’étais bien accompagné par Jacques Guittienne, le kiné, par Christophe… tout est passé tellement vite. J’étais bien dedans.

En plus, il y avait une concurrence franco-française...

Oui, il y avait Julien en finale aussi. Mais j’avais un tout autre objectif, celui d’avoir un programme de difficultés au-dessus de tous les autres, français ou pas, et être parfait sur l’exécution. La concurrence nationale est aussi importante, c’est indéniable. Elle joue son rôle. Il y a une émulation qui se crée.

En France, nous avons déjà eu des Solos hommes médaillés. Comment tu te situes par rapport à eux ?

Grég (Alcan) a toujours été quelqu’un d’important. Quand j’étais Junior, il était déjà là. C’était la légende. Comme Jonathan Canada (ESP), que j’apprécie beaucoup pour sa pratique sportive. Ils m’ont donné envie de goûter à ce qu’ils ont vécu. Chez Jonathan, j’aime son charisme, son show, la finesse du geste… il a quelque chose en plus.

Propos recueillis par LINE BRASCOUT

Suite de l'interview dans le Gymnaste n°306 (juillet/août). Pour en savoir plus sur ce numéro, cliquez ici. Pour vous abonner à la revue, rendez-vous dans la Médiathèque > Magazines.



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